Le Dey Hussein, dernier souverain

Hussein-Dey doit son nom au dernier souverain de la Régence d'Alger Le DEY HUSSEIN.

Il possédait dans les environs immédiats de son Palais, une maison de plaisance, que l'on peut encore visiter aujourd'hui dans l'ex-entrepôt des tabacs de la S.E.I.T.A devenu tout récemment propriété de l'école de police d'Hussein-Dey.

Primitivement le territoire d'Hussein-Dey faisait partie de la Commune de KOUBA.

Le 23 Mai 1835, un arrêté gubernatorial créait le centre d'Hussein-Dey et fixait ainsi sa délimitation:
1°) l'Oued Kniss depuis le rivage de la Mer jusqu'à la route de Constantine.
2°) l'Harrach jusqu'à la mer.
3°) Le rivage de la mer entre les 2 Oueds.

Ce territoire était donc plus vaste que celui occupé par Hussein-Dey de nos jours. La superficie était de 4.291 ha et on y dénombrait 433 habitants dont 94 européens.
Cette section d'Hussein-Dey fut mise sous le contrôle d'un édile de la commune de Kouba, le 1er magistrat de ce centre fut M. GARCIN désigné par décret gubernatorial du 15 Novembre 1839.

Cependant l'existence légale de la section Hussein-Déenne ne remonte seulement qu'au 1er janvier 1843 date à laquelle des registres d'Etat-Civil ont été ouverts en faveur de ses résidants.
Ce furent les adjoints au Maire de Kouba ou le Maire lui-même qui assurèrent alors les fonctions d'Officier d'Etat-Civil.

En 1843, BAIN Charles, en 1844, SABATAULT Charles, du 1er janvier 1845 au 30 juin 1857, SIMON Louis, du 1er juillet 1857 au 30 juin 1860. PAYN Adolphe, tous adjoints au Maire de Kouba.
Du 1er juillet 1860 au 30 juin 1863, le Maire de Kouba en personne, M. BUREAU Jacques assura cette charge.
Il se fit remplacer à compter du 1er juillet 1863 par son adjoint LETHEULE Mathurin, lequel se fit suppléer à compter du 1er mai 1870 par M. TROTTIER François, alors conseiller municipal de Kouba.

Après la publication du décret du 20 mai 1870, érigeant la section d'Hussein-Dey en commune libre autonome, M. le Docteur PAYN, alors adjoint au Maire de Kouba, fut désigné par l'administration, en qualité de Maire provisoire d'Hussein-Dey, à compter du 23 septembre 1870, il céda ensuite sa place à M. TROTTIER le 15 octobre 1870, date de l'installation officielle du Maire et de la 1ère municipalité d'Hussein-Dey.
Voici le texte du décret impérial du 20 mai 1870

- VU les pétitions des habitants du village d'HUSSEIN-DEY, demandant leur séparation de la commune de KOUBA et l'érection de leur commune, en commune distincte et de plein exercice.
- VU les délibérations du conseil municipal d'ALGER.
- VU la délibération du conseil du gouvernement, en date du 13 avril 1870.
Avons décréré et décrétons ce qui suit:

ARTICLE 1 - La section d'Hussein-Dey est distincte de la commune de Kouba et érigée en commune de plein exercice.
ARTICLE 2 - Les limites de la commune sont fixées de la manière suivante :
La commune d'Hussein-Dey conserve les limites de l'ancienne section de même nom, sauf en ce qui concerne la partie qui est voisine de la commune de MAISON-CARREE. De ce côté, la commune aura pour limite le pont viaduc du chemin de fer et les dépendances à partir du pont viaduc jusqu'à, et y compris la maison portant n° 12, la barrière fixée en face de la maison portant le n°12 avant le moulin Saulière et de cette barrière une ligne droite jusqu'à l'Harrach.
ARTICLE 3 - Le corps municipal est fixé à 9 membres.
ARTICLE 4 - Les arrêtés du préfet d'Alger fixeront les détails d'exécution du présent arrêté en ce qui concerne l'établissement du budget ainsi que le partage à faire entre la commune ancienne et la section érigée en commune nouvelle, des biens et des créances à payer.
ARTICLE 5 - Notre Ministre Secrétaire d'Etat au Département de la guerre et le Gouvernement général sont chargés chacun en ce qui le concerne de l'exécution du présent arrêté.

Fait au Palais des Tuileries, le 20 Mai 1870.

signé : NAPOLÉON III.