Algérie, terre promise - Anecdotes et petits bouts de vie -

La Pétanque et moi au Bois Ramel

Très jeune, je jouais à la Pétanque avec les «aînés», à un âge où d'autres faisaient la fête. En période scolaire comme en période de vacances on pouvait me voir souvent avec mes boules… C'est incroyable ce que l'on peut éprouver comme sensations avec deux morceaux de fonte, surtout lorsque l'on est en concours.

J'étais dons affilié au Bois Ramel à l'association sportive du Génie (pourquoi le Génie, parce que le Président était commandant du 19 ème Génie,  et qu'à ce titre,  il avait parfois des facilités pour nous remettre en état un terrain dans les délais les plus brefs.) 

Le Quotidien

Ce dont je me souviens le plus c'est la convivialité des gens avec qui je jouais. Je me souviens de certains noms:
Jacky Duplat qui avait à peu près le même âge que moi, MM Desroches, Trimoulet, Jeannot, Merlhe… Les autres étaient nombreux mais ma mémoire me fait défaut.

Les parties n'en finissaient pas et j'allais dîner parfois fort tard au grand désarroi de ma Maman….La partie commençait en tête à tête pour terminer à cinq contre cinq au fur et à mesure des arrivants.

Les joueurs discutaient beaucoup et l'on en profitait pour discuter de tous nos petits problèmes quotidiens…Lors des concours c'était différent. L'ambiance était sereine et nous jouions dans un état second tant la situation était parfois tendue…Il y avait le cochonnet, la portée et la sensation de la boule dans le creux de la main. Et c'est tout. Nous étions hors de tout autre évènement...

La Pétanque un jeu dangereux

Si j'évoque ces situations c'est en fait que la partie dégénérait parfois… Mais pourquoi me diriez vous…. vous étiez entre amis..??

En fait la situation qui causait le plus d'ennuis était la disparition du cochonnet… Bof… il n'y a que matière à sourire… Mais que non, les gens étaient des compétiteurs et souvent cela finissait mal, voire fort mal.

En effet le règlement de la pétanque stipule que si le petit est considéré comme perdu, en cours de partie et si l'une des deux équipes n'a plus de boules l'équipe possédant des boules marque autant de points que de boules restant en main (dans le cas contraire on recommence tout sans marquer aucun point…)…et l'on pouvait entendre:

" Ah le petit n'est pas perdu, on le voit…"
" Monsieur vous le voyez parce que vous êtes grand, mais moi qui suis petit je ne vois pas, le petit est caché dans un trou"…

Je vous passe le reste mais vous le laisse deviner…

Un pain mémorable

En quelques années de pratique il m'est arrivé plusieurs fois de voir les boulistes en venir aux mains. L'une d'entre elles me toucha si violemment que j'en garde un douloureux souvenir.

Ce jour là rebelote, le petit qui fout le camp, J'assistais à la scène derrière ma Bastos que je savourais lentement…Je ne l'aurais lâché pour rien au monde...

Et voilà que Mr Jeannot et Mr X (dont j'ai oublié le nom…) en viennent aux mains…Ma Bastos au bec, je trouvais le moyen de ceinturer Mr X qui n'offrait guère toutefois de résistance il est vrai. Je le ceinturais par derrière lorsque Mr Jeannot lui envoya un crochet….mais un de ces pains…Ouille que ça fait mal….

.. X avait esquivé le crochet en baissant la tête…mais moi caché derrière lui à le ceinturer, je n'avais rien vu venir….Ma Bastos s'écrasa sur mon visage, sous la violence du coup... tant le pain était appuyé…

Cela m'apprendra à jouer les braves…

Oh ! Le lendemain tout le monde l'avait oublié, Il n'y a que moi pour évoquer 50 ans après ce douloureux souvenir.

Henri Thoa